ASIE/PAKISTAN - Préoccupation des minorités religieuses au Pendjab suite à l’approbation d’une loi rendant obligatoire les leçons de coran à l’école et à l’Université

Fides FR - www.fides.org - Mer, 09/05/2018 - 13:21
Lahore – La communauté chrétienne au Pendjab ainsi que les autres minorités religieuses sont préoccupées par le nouveau projet de loi approuvé par l’Assemblée législative du Pendjab prévoyant l’enseignement obligatoire de la loi islamique et du coran dans toutes les écoles et Universités de la province.
Le projet de loi a été présenté en janvier et approuvé par le Parlement régional du Pendjab le 4 mai.
Le texte affirme, parmi ses objectifs, le fait de « faire comprendre le message, d’encourager la paix et la sécurité, de promouvoir les valeurs suprêmes de la vérité, de l’honnêteté, de l’intégrité, de la tolérance, de la compréhension du prochain ». Il prescrit aux enfants de l’école primaire de réciter le coran en arabe alors que les enfants du secondaire devront réciter le coran et sa traduction en langue urdu.
Selon les promoteurs de la loi, appartenant au parti Jamaat-e-Islami, de cette manière, l’Etat respectera sa responsabilité constitutionnelle. En effet, l’article 31 de la Constitution affirme que « l’Etat s’efforcera de rendre obligatoires les enseignements du saint coran et de la loi islamique ».
Les chrétiens ont exprimé leur déception. Nasir Saeed, activiste chrétien de l’ONG CLAAS, affirme à Fides : « Pour les minorités religieuses, en particulier pour les chrétiens qui vivent en grand nombre au Pendjab, cela sera problématique. Leurs droits fondamentaux sont totalement ignorés. Aucun programme alternatif n’est annoncé pour les élèves et étudiants non musulmans du Pendjab. Il est nécessaire de le faire dès maintenant ».
Il poursuit : « Forcer l’enseignement obligatoire du coran, contre la volonté des élèves et étudiants non musulmans et de leurs parents, aura un impact négatif sur tout le système éducatif. Il promouvra la bigoterie et la haine envers les non musulmans au sein de la société pakistanaise, un phénomène qui est en augmentation. L’Etat a le devoir de promouvoir la liberté de religion et de credo et d’introduire un programme différent pour les élèves et étudiants d’autres religions ».
L’activiste remarque également que, sur 11 parlementaires membres des minorités religieuses au sein de l’Assemblée législative du Pendjab, dont 9 chrétiens, aucun n’a pour l’heure élevé la voix ou demandé dans les délais l’introduction d’un programme alternatif pour les élèves et étudiants non musulmans.
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ASIE/INDE - Servir dans le cadre de la Caritas pour être des personnes de la Bonne Nouvelle

Fides FR - www.fides.org - Mer, 09/05/2018 - 12:45
New Delhi – « La Caritas est la joie du service. Elle est un service de joie. La Caritas Inde est l’organe de toute l’Eglise catholique permettant d’exprimer concrètement notre charité et, ainsi que l’indique l’Encyclique Deus Caritas Est de Benoît XVI, être des personnes de la Caritas signifie être des personnes de la Bonne Nouvelle, des personnes qui communient l’amour de Dieu ». C’est ce qu’a déclaré le Président de la Caritas Inde, S.Exc. Mgr Lumen Monteiro, lors d’une récente célébration à New Delhi, dans le cadre de laquelle l’organisme catholique a présenté ses nouveaux responsables en présence de S.Exc. Mgr Théodore Mascarenhas, Evêque auxiliaire de Ranchi et Secrétaire général de la Conférence épiscopale d’Inde.
Ainsi que l’a appris Fides, le Père Paul Moonjely, nouveau Directeur exécutif de la Caritas Inde, et son assistant, le Père Jolly Puthenpura, ont prêté serment au cours d’une liturgie solennelle. Dans ce cadre, le Père a déclaré : « Mon service sera comme celui de la lune par rapport au soleil. Moi aussi je pourrai resplendir seulement par la grâce du Tout-Puissant et avec Son soutien. Je chercherai à être un diakonos, un serviteur fidèle et humble et un administrateur du ministère. Je déclare ma simple foi dans le Seigneur. Ainsi que le dit Saint Paul : je peux tout dans le Christ qui me donne la force ». Le Père Puthenpura a remarqué pour sa part : « La Caritas Inde est appelée à grandir au service des pauvres de notre pays et de leurs situations de vie, les rencontrer avec solidarité, les embrasser avec affection et leur faire sentir la chaleur de l’amour chrétien, exprimé dans le service et le soin de ceux qui souffrent ».
En s’adressant aux nouveaux responsables de la Caritas, S.Exc. Mgr Théodore Mascarenhas, a exprimé sa pleine confiance dans la nouvelle Direction de la Caritas, recommandant de « suivre toujours la conduite et la lumière du Seigneur ».
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AFRIQUE/NIGERIA - De la nécessité de reconnaître la centralité de la personne face aux inégalités dans le monde du travail et à la corruption

Fides FR - www.fides.org - Mer, 09/05/2018 - 12:27
Abuja – « Le travail n’est pas une marchandise quelconque et la dignité de la personne du travailleur constitue toujours le premier critère d’évaluation, ainsi que l’enseigne la Doctrine sociale de l’Eglise. Le travail confirme l’identité profonde de l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu ». C’est ce qu’affirme à l’Agence Fides le Père Joseph Tile Nomhwange, de la Société des Missions africaines au Nigeria, se souvenant que le 1er mai, le monde entier a fêté la Journée des travailleurs. « Il devrait s’agir d’une célébration de l’engagement collectif visant à rendre habitable le monde dans lequel nous vivons outre à constituer une possibilité d’être en mesure de prendre soin des familles respectives. Malheureusement – poursuit le prêtre – dans de nombreux pays, comme le Nigeria, elle est devenue une journée de contestation, un signal du désespoir croissant et, pour certains, une journée internationale des regrets ».
Cette année, au Nigeria, les travailleurs ont écouté les discours des responsables du Nigerian Labor Congress et du gouvernement. La séquence a toujours été la même : les syndicats ont renouvelé leurs souhaits visant à protéger l’intérêt des travailleurs et le gouvernement leur a répondu en promettant des jours meilleurs. « Au terme des célébrations, les responsables des syndicats se sont enfui dans leurs voitures que les ouvriers leur ont payé au travers des cotisations syndicales alors que les fonctionnaires du gouvernement en ont fait autant à bord des voitures que ces mêmes travailleurs ont payé au travers des impôts. A y remettre, ce sont les travailleurs, rentrés chez eux avec les mêmes histoires tristes de mauvaises conditions de travail, de droits foulés aux pieds, de faible rétribution et de salaires impayés » remarque le missionnaire.
« Le coût de la vie continue à augmenter alors que le salaire minimum est demeuré inchangé. Toutefois, ceci demeure le dernier des problèmes de nombreux travailleurs dans la mesure où, presque dans l’ensemble des 36 Etats du Nigeria, il leur arrive d’accumuler jusqu’à 10 mois d’arriérés salariaux » note-t-il.
« Lorsque les enseignants ne sont pas payés – souligne le Père Tile Nomhwange – le système éducatif en ressent. Lorsque d’autres fonctionnaires ne sont pas payés, la lutte contre la corruption commence à se combattre elle-même en l’encourageant. Le problème n’est pas limité aux seuls travailleurs mais s’étend aussi aux retraités qui parfois meurent dans la pauvreté après avoir travaillé pour le gouvernement pendant tant d’années. Le message que le gouvernement envoie involontairement est que « vous devriez obtenir ce que vous pouvez, lorsque et où vous pouvez l’obtenir par vous-mêmes », encourageant de la sorte une basse productivité et un fort niveau de corruption. Cette année, l’objectif principal de la célébration au Nigeria était l’augmentation du salaire minimum des travailleurs. Représenté par le Vice-président, Yemi Osinbajo, le Président Muhammadu Buhari a promis aux travailleurs un net progrès économique. En s’adressant à la population, il a déclaré : « Nous croyons que le pire est passé pour le Nigeria ».
Cependant, avec l’augmentation du coût de la vie, que pouvons-nous considérer comme juste salaire celui avec lequel subvenir aux besoins d’une famille ? S’agit-il d’un salaire de subsistance pratique ? Enfin, peut-il être justifié que les législateurs et autres hommes politiques continuent à disposer de salaires disproportionnés ? ». C’est pourquoi, au sein de la société nigériane, conclut-il, une réflexion sur le sens et la signification du travail devrait générer une révision des consciences et une réforme générale, basée sur les principes d’équité et de défense de la dignité de tous les travailleurs.
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AMERIQUE/BRESIL - La visite des missionnaires aux communautés de l’Amazonie, un « moment de fête et de joie »

Fides FR - www.fides.org - Mer, 09/05/2018 - 12:02
São Gabriel da Cachoeira – « Dans de nombreuses communautés d’Amazonie, la présence du prêtre se réduit à une fois ou deux par an, ce qui rend l’arrivée des missionnaires non seulement un moment sacramentel mais également un jour de fête du fait de la présence d’un représentant ecclésial qui partage avec la population le quotidien de cette dernière ». C’est ce qu’affirme à l’Agence Fides le Père Luis Miguel Modino, missionnaire espagnol Fidei donum qui œuvre parmi les communautés du Haut Rio Negro appartenant au Diocèse de São Gabriel da Cachoeira, sis à la frontière entre le Brésil, la Colombie et le Venezuela.
« Ce qu’il est convenu d’appeler les itinérances actualisent le mode de vie de l’Eglise primitive au sein de laquelle les Apôtres et leurs envoyés portaient la joie de l’Evangile en tous lieux » poursuit le Père Modino, ajoutant que « ce sont des communautés qui vivent leur foi en partant d’un sentiment qui dérive de leur expérience de vie et qui enseigne à découvrir une manière de se mettre en relation avec Dieu qui ne rentre pas dans les paramètres rationnels ».
C’est ce dont font l’expérience les missionnaires qui visitent ces communautés au cours de leurs itinéraires, en particulier lorsqu’ils arrivent pour la première fois. Sœur Eurides Alves de Oliveira, religieuse de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie, qui a accompagné le Père Modino dans l’un de ses premiers longs itinéraires le long du Rio Negro, indique à Fides que rendre visite aux communautés « constitue une expérience unique de coexistence ». La religieuse déclare avoir été « contente de la simplicité et de la capacité d’accueil et de partage des personnes qui, malgré le peu dont elles disposent, vivent l’expérience de la gratuité ».
Au sein des communautés indigènes du Haut Rio Negro, affirme la religieuse, « on découvre une foi pure et originale », ce qui confirme que « le Royaume de Dieu appartient aux petits et devient une réalité au travers de petits gestes, comme prier, écouter, observer, célébrer ensemble ».
La religieuse met en évidence un élément, à savoir « la présence de nombreux enfants, qui fréquentent tous l’école ». Elle exprime cependant dans le même temps sa préoccupation à Fides « s’agissant de ce que pourrait être l’avenir de cette génération ». Il n’est en effet pas possible d’oublier qu’il s’agit de lieux dans lesquels « existent des dynamiques de vie différentes, qui s’expriment dans une manière propre de mesurer et de comprendre le temps ou dans le fait que les fleuves représentent l’unique moyen permettant de se déplacer ».
La religieuse, après avoir connu ces communautés, explique à Fides que « ceci est le lieu où l’Eglise doit demeurer, là où vit la population ». En ce sens, il existe un « défi culturel pour l’Evangélisation, née d’une vision du monde très différente, qui se concrétise dans le besoin d’évangéliser en partant de la culture même du peuple ». Enfin, dans une réalité au sein de laquelle la présence du prêtre est occasionnelle, la missionnaire met en évidence « le dévouement des responsables et des catéchistes pour que la communauté demeure vivante ».
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AFRIQUE/BURUNDI - Appel des Evêques en faveur de la protection de la paix et de l’unité en vue du référendum constitutionnel du 17 mai

Fides FR - www.fides.org - Mer, 09/05/2018 - 11:46
Bujumbura – Nous exhortons « le peuple burundais à sauvegarder l’unité et la paix » écrivent les Evêques du pays dans un communiqué portant sur le référendum constitutionnel du 17 mai concernant la réforme constitutionnelle permettant de prolonger la durée du mandat présidentiel de 5 à 7 ans, avec un maximum de deux mandats consécutifs pour une même personne. La réforme suscite actuellement de forts contrastes dans la mesure où les opposants la considèrent un expédient trouvé par le Président Pierre Nkurunziza pour demeurer encore au pouvoir pendant 15 ans .
En rappelant le tournant démocratique imprimé par les Accords de paix d’Arusha ayant mis fin à la guerre civile, les Evêques soulignent que, depuis 2015, la démocratie est en crise. Cette année-là en effet, le Président Nkurunziza s’est présenté à nouveau aux élections pour briguer un troisième mandat, en violation de la Constitution et des Accords précités, provoquant une très grave crise politique, institutionnelle, sociale et économique, qui a poussé des millions de burundais à se réfugier dans les pays voisins.
La nouvelle révision de la Constitution va, selon les Evêques, à l’encontre de la Charte constitutionnelle elle-même. « De fait, il y a lieu de se demander si les dispositions de l’article 299 de la Constitution qui nous régit actuellement, ont été considérées et suffisamment prises en compte. Cet article stipule principalement qu’aucune procédure de révision ne peut être retenue si elle porte atteinte à l’unité nationale, à la cohésion du peuple burundais ou à la réconciliation. Selon ce que nous constatons, au lieu d’unir les Burundais, le travail qui a été fait et le Projet de Constitution qui en est issu, semblent avoir exacerbé les désaccords. A notre avis, comme nous l’avons déjà exprimé, le moment n’était pas opportun pour amender la Constitution de manière profonde » affirme le communiqué envoyé à l’Agence Fides.
En concluant la déclaration, les Evêques exhortent les burundais à ne pas se faire prendre par la panique. « Les élections passent et la vie continue. Quels que seront les résultats, si le "OUI" remporte, nous serons régis par la nouvelle Constitution, si le "NON" remporte, nous garderons celle qui nous régit actuellement. Ce qui importe c’est que les Burundais restent unis, qu’ils se soucient de sauvegarder la paix et qu’ils cherchent à faire progresser la démocratie ».
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ASIE/TURQUIE - Nouveau chef d’inculpation pour le pasteur Brunson, accusé également d’avoir soutenu la création d’un « Etat kurde chrétiens

Fides FR - www.fides.org - Mer, 09/05/2018 - 11:37
Izmir – Parmi les nouveaux et exorbitants chefs d’inculpation frappant le pasteur évangéliste américain Andrew Craig Brunson, traduit devant les autorités judiciaires turques pour de prétendues connivences avec des réseaux et forces accusés d’actes de terrorisme et de subversion au détriment de la Turquie, se trouve également celui d’avoir promu la naissance d’un fantomatique « Etat kurde chrétien », destiné à occuper également une partie du territoire turc. L’accusation en question a été faite au pasteur lors de la reprise de son procès, dans le cadre duquel il est inculpé devant un tribunal d’Izmir, par un témoin secret indiqué sous le nom de code de « Serhat », auditionné par les magistrats au cours de la dernière audience processuelle. Selon ce qu’indiquent différents moyens de communication turcs, le nouveau témoin a affirmé que le pasteur américain aurait fait référence à des préparatifs de guerre visant à favoriser l’instauration d’un nouvel Etat kurde chrétien dans un proche avenir.
La nouvelle accusation vient s’ajouter aux autres chefs d’inculpation pesant déjà sur le pasteur américain, dont le cas est entré de plein droit dans la liste des questions de ces derniers temps ayant fait grandir la tension entre le gouvernement turc et l’administration américaine.
Le pasteur Brunson est détenu en Turquie sous l’accusation de connivence avec l’organisation Hizmet du prédicateur islamique turc Fetullah Gulen, indiqué par les autorités turques comme l’inspirateur du coup d’Etat manqué du 15 juillet 2016. Au fil du temps, la liste des chefs d’inculpation est allée en s’allongeant jusqu’à comprendre également l’accusation de soutien au Parti des travailleurs du Kurdistan , organisation classée comme terroriste tant par la Turquie que par les Etats-Unis.
Andrew Craig Brunson, responsable de l’église évangélique de la Résurrection d’Izmir avait initialement été convoqué par les services de l’immigration turcs en octobre 2016 en compagnie de son épouse, Lyn Norine . Il leur avait été alors signifié qu’ils auraient dû quitter le pays, mesure justifiée par une vague accusation liée à la réception de fonds provenant de l’étranger pour financer des activités missionnaires et par le fait qu’ils auraient mis en danger la sécurité du pays au travers de leurs activités. Par la suite, la presse turque a indiqué que le décret d’expulsion du pasteur s’était transformé en arrestation après qu’un témoin dont l’identité est demeurée secrète l’ait accusé d’appartenir à l’organisation de F. Gulen. En détention, le pasteur a reçu les visites de hauts représentants de l’Ambassade américaine en Turquie et le Président Trump en personne avait demandé sa libération dans le cadre de la rencontre qu’il a eu en mai dernier à la Maison Blanche avec son homologue turc. En août dernier, après l’intervention du Président Trump, le pasteur Brunson avait été accusé de crimes encore plus graves que ceux qui lui avaient été imputés par le passé et transféré dans une prison de haute sécurité où se trouvent certains des plus hauts responsables présumés du coup d’Etat manqué de 2016. Le 28 septembre dernier, le Président turc en personne s’était déclaré prêt à libérer le pasteur en échange du simple fait que les autorités américaines remettent à la Turquie Fethullah Gulen, réfugié aux Etats-Unis depuis 1999.
Le procès du pasteur, pour lequel le Parquet requiert une condamnation à 36 années de réclusion, a repris ces derniers jours, après la première audience du 16 avril dernier. A cette occasion, après une séance de 13 heures disséminée de témoignages vidéo rendus par de mystérieux « témoins secrets » dont les voix étaient parfois camouflées presque au point de devenir incompréhensibles, la Cour a renvoyé la suite de la procédure de trois semaines. Aux audiences, le pasteur Brunson, actuellement détenu dans un établissement de haute sécurité où se trouvent également certains des plus hauts responsables du coup d’Etat manqué de 2016, est apparu fortement amaigri.
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ASIE/IRAQ - Réactions du Patriarche de Babylone des Chaldéens aux tentatives visant à réduire l’Eglise au silence en vue des élections

Fides FR - www.fides.org - Mar, 08/05/2018 - 13:41
Bagdad – L’Eglise n’intervient pas directement dans le domaine politique mais elle ne peut être réduite au silence lorsqu’elle intervient à propos de questions et de situations d’urgence cruciales pour la vie du peuple et du pays. C’est ce qu’a réaffirmé avec force le Patriarche de Babylone des Chaldéens, S.B. Louis Raphaël I Sako, en répondant à certaines critiques qui l’avaient accusé ces jours derniers d’intervenir indûment à propos de questions politiques dans le climat incandescent qui précède les prochaines élections législatives du 12 mai. Dans un message diffusé par les canaux officiels du Patriarcat, le Patriarche a réaffirmé le droits des hommes d’Eglise d’intervenir à propos de questions touchant la vie de la collectivité, exerçant ainsi un rôle positif « pour soutenir la cohésion nationale, protéger les droits et les libertés de la personne », pour favoriser l’enracinement d’un authentique Etat de droit et du principe de citoyenneté.
Ces jours derniers, le Patriarche de Babylone des Chaldéens avait déclaré publiquement que nombre des petites formations politiques animées par des dirigeants et des militants chrétiens qui prendront part aux prochaines élections sont en réalité dirigés de l’extérieur par des groupes politiques kurdes ou chiites bien plus influents. Certains représentants locaux des petites listes d’inspiration chrétienne avaient réagi négativement face aux déclarations du Patriarche de Babylone des Chaldéens, les qualifiant d’ingérence cléricale indue dans les questions temporelles. S.B. Louis Raphaël I Sako fait remarquer, dans son message, que de telles critiques finissent par avoir comme cible réelle la sensibilité et la sollicitude sociale que l’Eglise a toujours manifesté pour la vie concrète des peuples et des nations.
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ASIE/PAKISTAN - Première religieuse catholique issue de la tribu Kacchi Kohli

Fides FR - www.fides.org - Mar, 08/05/2018 - 13:22
Hyderabad – L’Eglise catholique au Pakistan a accueilli la première religieuse issue de la tribu Kacchi Kohli après 70 ans de mission parmi ces populations tribales installées dans la province du Sindh. Là, les religieux franciscains néerlandais commencèrent leur apostolat parmi les groupes tribaux en 1940 sous la conduite du Père Farman OFM et avec le soutien de deux catéchistes.
Sœur Anita Maryam Mansingh, de la Congrégation de la Présentation de la Bienheureuse Vierge Marie a émis ses vœux perpétuels en compagnie d’une autre religieuse dans le cadre d’une célébration tenue ces jours derniers au Centre culturel et éducatif Joti du Diocèse d’Hyderabad. Son oncle, le Père Mohan Victor OFM, a été le premier prêtre catholique et religieux franciscain issu du même groupe tribal des Kacchi Kohli.
Sœur Anita Maryam Mansingh est né le 8 septembre 1989 à Tando Allahyar, petite ville proche de Mirpur Khas, et a rejoint la communauté religieuse des Sœurs de la Présentation en septembre 2008 après avoir achevé des études universitaires en Sciences de l’éducation. Elle a émis ses vœux temporaires le 14 septembre 2011. Au cours de sa période de formation, elle a œuvré dans différentes communautés à Rawalpindi et Hyderabad.
Dans le cadre d’un entretien accordé à Fides, Sœur Anita Maryam Mansingh a déclaré : « Mon oncle, le Père Mohan Victor m’a inspiré le choix de la vie religieuse et m’a aidé à discerner ma vocation. Je sais qu’aujourd’hui il intercède pour moi depuis le Ciel. Je suis reconnaissante à mes parents et à mes frères de m’avoir toujours soutenu dans ce choix ».
Les Sœurs de la Présentation ont débuté leur apostolat à Rawalpindi en 1895. Un groupe de religieuses arriva de Chennai, aujourd’hui en Inde, et ouvrit des écoles afin de servir les enfants des militaires britanniques et irlandais. Aujourd’hui, 60 religieuses de la Congrégation sont employées au Pakistan dans les domaines de l’éducation, de l’assistance sanitaire et de l’action pastorale.
L’Evêque d’Hyderabad, S.Exc. Mgr Samson Shukardin, a déclaré à l’Agence Fides : « C’est un moment de joie que de voir une religieuse catholique de la tribu Kacchi Kohli. Le peuple tribal exprime la beauté de notre Eglise dans le Sindh. J’encourage les religieuses à constituer une espérance pour les personnes abandonnées et les plus vulnérables. Je les remercie surtout pour le service qu’elles offrent, fournissant une instruction de qualité au peuple du Pakistan dans les provinces du Sindh, du Pendjab et du Khyber Pakhtunkhwa, accueillant des élèves de toute culture, religion et ethnie ».
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ASIE/INDONESIE - Soutien des catholiques au Pancasila en Indonésie à l'approche des élections

Fides FR - www.fides.org - Mar, 08/05/2018 - 12:50
Djakarta – Cette année est importante pour la situation politique en Indonésie. Les citoyens participeront en effet à deux événements politiques : en premier lieu, les élections locales, dans toutes les régions puis l’enregistrement et la présentation des candidats en vue des élections présidentielles de l’an prochain. Ainsi que l’a appris l’Agence Fides, en vue de ces rendez-vous importants qui touchent la vie civile de la nation, les catholiques indonésiens, en diverses zones de la nation, organisent différentes initiatives et activités visant à soutenir le Pancasila, à savoir la charte des cinq principes qui est à la base de la nation.
Au sein de l’Archidiocèse de Djakarta, toutes les activités religieuses et sociales suivent le thème pastoral choisi pour 2018, à savoir « Pratiquer le Pancasila, nous sommes différents, nous sommes indonésiens ». Le 27 avril, à d’une célébration pascale organisée par l’Eglise, se sont unis des fidèles musulmans alors qu’à Semarang, lors d’une manifestation publique, les fidèles ont réaffirmé leur soutien au Pancasila. A Manado, de nombreuses Paroisses ont participé au cortège du 30 avril et à un rassemblement au cours duquel a été récité le Rosaire, marquant ainsi l’ouverture du 150ème anniversaire du Jubilé de l’Eglise catholique de la renaissance au sein du Diocèse de Manado. Lors de tous ces événements, les chrétiens indonésiens ont porté des drapeaux du pays et les emblèmes de l’Etat, réaffirmant leur sentiment d’appartenance et leur esprit de pleine appartenance au peuple indonésien, fidèles en cela aux racines de la nation tout en étant pleinement chrétiens.
Au niveau national, les catholiques prient actuellement pour le Pancasila en différentes occasions. Au cours de ces jours derniers, la I° Réunion nationale de coordination du Vox Point Institute , une association de laïcs catholiques, a vu la participation de représentants de toute la nation, réunis à Djakarta du 29 avril au 1er mai pour réfléchir sur le thème « Dans l’esprit du Pancasila, préserver la diversité ». La déclaration finale de la rencontre, envoyée à l’Agence Fides, affirme que Vox Point Indonésie cherchera à identifier de possibles candidats catholiques disposant d’intégrité, de qualités et de fermeté afin de préserver le Pancasila.
Pour affronter les élections locales de 2018 et les élections présidentielles de l’année suivante, « nous laïcs, rejetons fermement les campagnes qui instrumentalisent les questions d’ethnie et de religions et propagent des discours de haine, de fausses nouvelles et des intimidations. Nous rejetons les mobilisations qui génèrent la peur et intimident les électeurs ainsi que les tentatives visant à affaiblir voire même à remplacer le Pancasila par d’autres idéologies. Nous participerons activement au dialogue avec différents groupes de la société ».
En réaffirmant l’intention de « cultiver des attitudes politiques dignes, équitables, pacifiques, honnêtes, transparentes pour promouvoir l’unité nationale », la déclaration affirme : « Nous demandons à tous les citoyens de faire usage de leur droit de vote de manière consciente et nous exhortons les gouvernements locaux, les forces de l’ordre et les autres institutions à lutter contre les mouvements qui obscurcissent le Pancasila ».
Le texte rappelle la devise du héros national, Albertus Soegijapranata SJ, lorsqu’il affirme être « 100% catholique et 100% indonésien », proposant des parcours visant à renforcer l’appel à être « sel de la terre et lumière du monde ».
Le VPI a été officiellement créé en 2016 en tant que forum pour les laïcs catholiques qui entendent promouvoir et s’impliquer dans des activités sociopolitiques en Indonésie. Au cours de la Messe célébrée durant la rencontre, l’Archevêque de Djakarta, S.Exc. Mgr Ignazio Suharyo, a affirmé : Avec nos forces, nous ne serions pas en mesure d’affronter ce grand défi. Nous faisons confiance dans l’aide et dans la grâce de Dieu. Nous sommes engagés en faveur de la construction de la fraternité et de la réalisation d’une coexistence juste, cultivant les valeurs de l’unité dans la diversité selon le Pancasila.
Les cinq principes formant le Pancasila sont : la foi en un Dieu unique, la justice et la civilisation humaine, l’unité de l’Indonésie, une démocratie guidée par la sagesse intérieure et la justice sociale pour tout le peuple.
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EUROPE/ITALIE - Les Camilliens, martyrs de la charité et du service aux malades

Fides FR - www.fides.org - Mar, 08/05/2018 - 12:05
Rome – Le 2 février 1994, l’Ordre des Ministres des Infirmes institua officiellement le 25 mai comme « Journée des Martyrs religieux de la Charité », en concomitance avec l’anniversaire de la naissance de Saint Camille de Lellis. Il s’agit d’une commémoration concernant les plus de 300 camilliens, séminaristes, oblats, novices, frères et prêtres morts pour service les victimes de la peste en Italie, en Espagne, en Hongrie et en Croatie au cours des quatre premiers siècles de la vie de l’Ordre, « un témoignage exemplaire du quatrième vœu des camilliens, à savoir le service des malades même au risque de sa propre vie » indique à l’Agence Fides le Père Aris Miranda.
Le religieux camillien, qui est Directeur exécutif de la Fondation Camillian Disaster Service International , organisation humanitaire et de développement sans but lucratif des Ministres des Infirmes, tient à préciser que « la Fondation a décidé de célébrer cette Journée pour se souvenir de l’enthousiasme et de la disponibilité de nos confères à accepter la mort pour servir les malades qui ont en quelque manière influencé notre façon de témoigner aujourd’hui. Nous oeuvrons en collaboration avec les Eglises locales – Paroisses ou Diocèses – et avec des organisations associées – locales et internationales – répondant à des problèmes immédiates des populations. Intervenant dans les zones touchées par des catastrophes naturelles, nous nous occupons de quatre domaines : aide, réhabilitation, résilience et droits ».
« En second lieu – a encore déclaré le Père Aris – nous voulons célébrer les valeurs de la solidarité, de l’engagement, de la générosité, de l’abnégation, de l’amour fraternel et l’option préférentielle pour les pauvres qui animent notre ministère ».
A l’occasion de cette célébration, la CADIS a organisé un Colloque près la Curie généralice des Camilliens pour le 25 mai prochain, dans le but de partager sa vision et sa mission dans un cadre de continuité historique par rapport à l’appel et à l’esprit du quatrième vœu camillien. La Fondation Camillian Disaster Service International est une organisation humanitaire et de développement de l’Ordre des Ministres des Infirmes . Elle soutient la mission globale de témoignage de la miséricorde et de la compassion du Christ envers les malades, les souffrants et les populations les plus vulnérables.
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AMERIQUE - Ponts de solidarité pour venir en aide aux émigrés vénézuéliens de la part des Evêques d’Amérique centrale

Fides FR - www.fides.org - Mar, 08/05/2018 - 11:31
Cité du Vatican – « Ponts de solidarité – plan pastoral intégré pour aider les migrants vénézuéliens en Amérique du Sud » : tel est le nom du projet présenté hier, 7 mai, au Bureau de Presse du Saint-Siège, et préparé par huit Conférences épiscopales d’Amérique du Sud en collaboration avec la Section Migrants et réfugiés du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral. Le plan vise à accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les vénézuéliens qui sont contraints à émigrer, à les accompagner dans toutes les phases de leur voyage, du départ à l’arrivée ainsi que dans leur possible retour chez eux.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations, du fait de la crise politique et économique, au cours de ces deux dernières années, des centaines de milliers de vénézuéliens ont fui dans les pays voisins et au cours de cette période, de nombreuses initiatives ont été prise pour les défendre et les aider par les Eglises particulières .
« Il s’agit d’une situation qui pousse de nombreux vénézuéliens à trouver une manière pour soulager leurs souffrances en se rendant dans un autre pays – a affirmé le Père Arturo Sosa, Préposé général de la Compagnie de Jésus après la conférence de presse. Voila pourquoi ce projet des huit Conférences épiscopales constitue un véritable geste de solidarité et revêt une grande importance… En ce moment, les vénézuéliens ont besoin d’aide et il s’agit là d’une manière de contribuer, de voir la souffrance des personnes et de chercher à trouver la manière de leur apporter un soutien ».
Les Conférences épiscopales du Brésil, de Colombie, d’Equateur, du Chili, du Pérou, de Bolivie, du Paraguay et d’Argentine entendent, au travers de ce plan, fournir des services d’accueil aux migrants les plus vulnérables, en les aidant à trouver un logement et un travail mais surtout, comme le souligne le Père Sosa, « une intégration au sein de la société dans laquelle ils arrivent » parce que cela est très important. Le plan sera lancé dans les prochains jours et aura une durée initiale de deux ans. Il s’adressera également aux personnes les plus vulnérables se trouvant déjà dans chacun des huit pays d’accueil, en espérant qu’il puisse servir de modèle pour d’autres nations qui connaissent des problèmes semblables liés à l’immigration.
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AFRIQUE/REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE - Témoignage d’un missionnaire sur la figure du Père Tungumale Baba, « pasteur estimé pour son action en faveur de la réconciliation entre chrétiens et musulmans »

Fides FR - www.fides.org - Mar, 08/05/2018 - 11:15
Bangui – « Le Père Albert Tungumale Baba, 71 ans, l’un des prêtres les plus âgés du clergé de Bangui, était un pasteur estimé et connu pour sa simplicité et sa sympathie, et surtout pour son œuvre discrète et inlassable en faveur de la réconciliation entre chrétiens et musulmans » écrit à l’Agence Fides le Père Federico Trinchero, Carme déchaux du Monastère de Notre-Dame du Mont Carmel de Bangui, capitale de la République centrafricaine, en faisant mémoire du Père Albert Tungumale Baba, le prêtre assassiné en compagnie d’une vingtaine de fidèles au matin du 1er mai, lors de l’attaque perpétrée contre la Paroisse de Notre-Dame de Fatima par un groupe armé provenant du quartier KM5, enclave à majorité musulmane, depuis des années foyer principal des tensions dans la capitale.
« Au cours des phases les plus aigues de la guerre, il avait accueilli pendant plusieurs années dans sa Paroisse, toute proche du KM5, des milliers d’évacués provenant des quartiers voisins. Le Père Tungumale Baba était en outre connu de tous pour son grand amour pour le sango, la langue nationale centrafricaine, pas particulièrement riche en vocables. Le Père Tungumale Baba parvenait à traduire tous les mots – sans utiliser le français – à travers des solutions géniales ou des périphrases amusantes. Une fois, alors que nous étions ensemble en voiture, il traduisit même mon nom, décrétant que je devais m’appeler Bwa – qui en sango signifie prêtre – Federiki » raconte le missionnaire.
« Dans un entretien, le Père Tungumale Baba avait déclaré que Dieu seul peut désormais sauver la Centrafrique. Il n’avait pas tout à fait tort. Tous ont tenté de sauver la Centrafrique et nombreux sont ceux qui tentent encore de le faire : l’armée, les troupes de l’Union africaine, la mission française – qui a dans tous les cas le grand mérite d’avoir évité que le conflit ne devienne un massacre – les militaires de l’Union européenne, et puis la MINUSCA, la grande mission de l’ONU qui, malgré toutes ses limites, demeure pour le moment la seule solution possible, et maintenant à l’horizon, on voit poindre les russes. Le Pape François a tenté de le faire et il était parvenu, au travers de sa visite de novembre 2015, à offrir une trêve suffisante pour élire démocratiquement un nouveau Président. Malheureusement, avec le temps, l’effet de cette visite s’est évanoui et l’occasion de tourner la page a été gaspillée pour la énième fois. Les affrontements se sont multipliés dans l’ensemble du pays et cette paix que nous avions à peine rêvée, semble presque plus éloignée qu’auparavant » écrit le Père Trinchero.
Le missionnaire réaffirme que « la guerre en Centrafrique, qui a débuté de fait en 2012, ne constitue pas un affrontement confessionnel ou ethnique. Il s’agit plutôt du énième conflit pour la conquête du pouvoir et l’exploitation des richesses dont le sous-sol abonde. Malheureusement, l’élément confessionnel s’est inséré violemment, envenimant cette coexistence entre chrétiens et musulmans qui faisait de la Centrafrique – à une époque maintenant éloignée – un exemple de cohabitation pacifique ».
Au cours de l’homélie des obsèques du prêtre assassiné et d’un certain nombre de ses compagnons, S.Em. le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, Archevêque de Bangui, a mis tout un chacun face à ses responsabilités, dénonçant l’inertie du gouvernement, la lenteur de l’ONU et le risque que les chrétiens cèdent au découragement ou pire encore à la logique de la violence et de la vengeance. Il s’agit d’un ennemi insidieux qui détruit actuellement la Centrafrique et cet ennemi – a scandé le Cardinal – est le diable. Seules les armes de la foi peuvent le vaincre.
« Bangui, blessée au cœur de sa foi, n’est pas en colère après Dieu. Elle est plutôt en colère vis-à-vis de ces hommes qui ne veulent pas la paix et, presque obéissant à un programme caché, s’obstinent à bloquer le pays, comme si ce dernier était inéluctablement condamné à la misère et à la guerre. Bangui et toute la Centrafrique sont à la recherche de héros – parmi les gouvernants, les militaires, les jeunes – qui se lèvent comme un seul homme et rejettent la guerre, embrassant la cause de la paix » conclut le Père Trinchero.
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ASIE/LIBAN - Témoignage du Directeur national des Œuvres pontificales missionnaires sur le résultat électoral confirmant la fragmentation du cadre politique

Fides FR - www.fides.org - Lun, 07/05/2018 - 13:31
Beyrouth – Les résultats officiels des élections législatives libanaises d’hier, Dimanche 6 mai, ne sont pas encore publiés. Toutefois, les anticipations et données partielles diffusées par les moyens de communication libanais semblent destinées à confirmer et à prolonger la fragmentation du scénario politique. Les indiscrétions semblent confirmer la baisse relative du poids du parti Avenir auquel appartient le Premier Ministre, Saad Hariri. Semblent par ailleurs substantiellement confirmées la place du parti chiite Hezbollah et du Mouvement patriotique libre, formation maronite fondée par l’actuel Président, Michel Aoun, alors que le nombre de sièges des Forces libanaises de Samir Geagea au Parlement aurait augmenté. « Dans ce scénario éclaté – fait remarquer le Père Rouphael Zgheib, prêtre maronite et Directeur national des Œuvres pontificales missionnaires au Liban – tous ont besoin de tous et personne ne peut gouverner seul. Par suite, tout semble aller en direction d’une confirmation de la situation d’équilibre et vers une perpétuation du compromis politique entre les plus importantes forces politiques qui ont porté à l’élection du Président Michel Aoun. L’élément le plus alarmant – ajoute le prêtre – est la forte diminution de la participation, qui, au niveau national, n’a pas atteint le seuil des 50%, confirmant également la défiance répandue envers les hommes politiques, souvent considérés comme tous corrompus ». En ce qui concerne les déclarations de hautes personnalités politiques israéliennes concernant la présumée montée en puissance du pouvoir du Hezbollah, soutenu par l’Iran, le Directeur national des Œuvres pontificales missionnaires au Liban rappelle que de semblables déclarations de la part de représentants d’Israël « ne sont pas nouvelles » et que, dans tous les cas, « il n’est pas vrai que le Hezbollah pourra contrôler et déterminer tout au sein de la politique libanaise. En effet, les chiites du Hezbollah pourront faire valoir leur importance sur le plan militaire et de l’armement mais, sur le plan politique, le jeu sera certainement plus compliqué ».
Les libanais qui se sont effectivement rendu aux urnes sont plus de 1,8 millions sur un total de quelques 3,663 ayant droit. Les élections législatives de 2018 étaient destinées à renouveler l’Assemblée parlementaire du pays après près de 10 ans.
Les votants ont exprimé leur suffrage suivant une nouvelle loi électorale, approuvée par le Parlement en juin dernier , qui a instauré dans le pays un système proportionnel en remplacement du majoritaire en vigueur depuis 1960. Le Liban a été réparti en 15 collèges électoraux, relativement homogènes du point de vue confessionnel. La loi électorale prévoit un seuil fixé à 10% au niveau national.
Le nouveau système électoral ne touche pas à la règle comprise dans les Accords de Taeff de 1989 ayant marqué la fin de la guerre civile selon laquelle la moitié des 128 députés du Parlement doit être composée de chrétiens et l’autre moitié formée de musulmans – sunnites et chiites – et de druzes.
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ASIE/MALAISIE - Prise de position de l’Archevêque de Kuching à la veille des élections générales

Fides FR - www.fides.org - Lun, 07/05/2018 - 13:13
Kuala Lumpur – « Tous les cinq ans, nous avons la possibilité d’élire démocratiquement nos responsables et le gouvernement. J’invite tous les catholiques à exercer leur droit de vote selon une vision et les valeurs chrétiennes. Il est de notre devoir moral et de notre droit, en tant que citoyens de notre bien-aimé pays, de voter sagement et de manière responsable. Nous mettrons l’avenir de notre nation, notre avenir, entre les mains d’hommes et de femmes qui ont à cœur le bien du pays ». C’est ce qu’indique à l’Agence Fides S.Exc. Mgr Simon Poh, Archevêque de Kuching, en exhortant les fidèles en vue des imminentes élections générales du 9 mai.
« En exprimant notre vote, nous accordons notre confiance aux candidats afin qu’ils réalisent toutes les promesses faites, travaillent pour le bien commun et le bien-être de tous les malaisiens, défendent la liberté religieuse pour tous, indépendamment de la race, de la religion et de l’ethnie. Il faut considérer le parti politique et l’intégrité de chaque candidat, en considérant son action en faveur du développement, des droits des citoyens, du bien-être et du soin du peuple » a ajouté l’Archevêque.
Ce dernier a également invité les catholiques à prier et à jeûner en vue de cet important événement. « En tant que communauté, prions avec les chrétiens. Nous sommes des citoyens pacifiques de la province de Sarawak : j’exhorte tous les catholiques à prier incessamment afin que les élections soient libres, justes et transparentes. Nous pouvons, nous chrétiens, toujours porter au pays l’amour et la paix de Dieu, en préservant l’harmonie au sein de notre nation » a-t-il ajouté.
La fédération chrétienne de Malaisie, qui rassemble toutes les confessions chrétiennes présentes sur le territoire national a, elle aussi, exhorté les chrétiens à voter de manière responsable. « L’église n’est pas partisane mais, pour les chrétiens qui sont citoyens de Malaisie, voter de manière responsable dans le cadre des imminentes élections générales constitue un devoir moral » indique une déclaration signée par S.Exc. Mgr Julian Leow, Archevêque de Kuala Lumpur et Président de l’organisme, ainsi que par d’autres évêques chrétiens.
Le texte parvenu à Fides indique : « Cherchons à choisir sagement les responsables qui nous gouverneront. Demandons à Dieu une capacité toujours plus grande à discerner entre le bien et le mal et la sagesse de choisir les députés du Parlement et les représentants de l’Assemblée législative de l’Etat pour les cinq prochaines années. Pour ce faire, nous devons poser des questions aux candidats, écouter attentivement leurs choix politiques, soutenir l’Etat de droit et le primat de la Constitution fédérale, sauvegarder les libertés, y compris la liberté de religion, tout comme leur volonté de servir le bien commun en promouvant le bien-être de tous, y compris les pauvres et les marginalisés ».
La Malaisie est une Fédération multiethnique et multi religieuse de 13 Etats et trois territoires fédéraux comptant 31 millions d’habitants. S’agissant d’une société multiethnique et multi religieuse, les chrétiens ont besoin d’être solidaires et de construire des ponts avec tous les peuples indépendamment de leur ethnie et de leur culture. Si la population est à 60% islamique, les 40% restants sont répartis entre bouddhistes, hindouistes et chrétiens. Ces derniers représentent environ 9% de la population totale, dont la moitié de catholiques.
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AFRIQUE/ZAMBIE - L’engagement d’un missionnaire ayant donné sa vie pour le Christ, l’Eglise et les pauvres

Fides FR - www.fides.org - Lun, 07/05/2018 - 12:40
Kabwe – Les Missionnaires de Scheut , Congrégation du Cœur Immaculé de Marie, offrent une assistance sanitaire aux malades du SIDA et aux séropositifs en Zambie. Nombreux d’entre eux sont des orphelins, enfants sans abri qui n’ont pas accès à l’assistance sanitaire. En 2007 est arrivé en Zambie le Père Pierre Ruquoy, missionnaire belge. Arrivé dans le pays suite à des menaces de mort répétées et à son expulsion de la République de Santo Domingo, sa Congrégation l’a envoyé en mission dans la province centrale de la Zambie où il n’existait rien, ni Paroisse ni église. En ce lieu véritablement inhospitalier, le missionnaire a fondé le Sunflower, un orphelinat qui accueille actuellement plus d’une centaine d’enfants, offrant nourriture et abri aux jeunes vulnérables. Le prêtre s’est jusqu’ici dédié à la prise en charge des orphelins du SIDA, leur donnant espoir et instruction pour tenter de contribuer à la reconstruction de la Zambie.
Pour de graves raisons de santé, le Père Ruquoy se trouve actuellement en Belgique et, conscient de ses conditions de santé, il a raconté à Fides les derniers jours passés dans la savane avant de partir pour être soumis à une intervention chirurgicale dans son pays natal, remettant ainsi une sorte de testament spirituel. « Notre vie est entre les mains de Dieu et nous ne savons pas comment ou quand nous passerons la porte du Royaume des Cieux. Face à ma situation de santé, je ne me fais pas trop d’illusions et je cherche à me convaincre que, peut-être, est-il arrivé le moment de commencer une nouvelle phase de ma vie » raconte le Père Ruquoy. « Il s’est agi de jours vraiment particuliers. Lorsque vous lirez ces lignes, j’espère être encore vivant dans ma terre natale, en pleine convalescence après l’ablation d’une tumeur cancéreuse. Comme en 2006, les zambiens m’accueillirent par un « bienvenue ici », il est maintenant temps de les faire défiler devant moi pour me souhaiter bon voyage et bonne chance. Ce sont eux qui me présenteront au Christ Jésus. Comme pour toutes les choses importantes, cette procession colorée pleine d’émotion a été faite en dansant au rythme des tambours » a conclu le missionnaire.
Le Père Ruquoy a passé quelques 30 années de sa vie en mission à Santo Domingo, dans une zone appelée Barahona, à la frontière avec Haïti. Il a vécu dans un bateye, les plantations de canne à sucre où vivent les coupeurs de canne, avant de devoir quitter le pays en 2005. La Zambie compte plus d’un million d’orphelins, la majeure partie desquels ne recevra jamais une éducation ou une assistance sanitaire légitime. Bien que s’agissant d’un pays riche en ressources naturelles, la majeure partie de ses habitants est contrainte à travailler dans les champs. Plus de 60% de la population vit par ailleurs en deçà du seuil de pauvreté et le phénomène de la corruption est véritablement déferlant. L’Eglise catholique est fortement présente en Zambie depuis plus d’un siècle , engagée dans des activités sociales et politiques.
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AMERIQUE/PEROU - Des milliers de péruviens à la marche pour la promotion et la protection de la vie

Fides FR - www.fides.org - Lun, 07/05/2018 - 12:14
Lima – « Le Pape François connaît très bien la marche pour la vie. A deux occasions, il m’a écrit personnellement de sa main, m’encourageant et même me conseillant sur la manière de l’organiser. Par suite, si le plus haut responsable de l’Eglise écrit à un pauvre prêtre en Amérique du Sud, cela me donne une grande paix et une grande tranquillité ». C’est ce que déclare à l’Agence Fides le Père Luis Gaspar, Directeur exécutif de la Marche pour la Vie au Pérou.
Depuis 2013, lorsque a eu lieu la I° Marche pour la Vie dans le pays, l’Archevêché de Lima a confié au Père Gaspar l’organisation de l’événement qui est devenu de masse et a vu son importance augmenter d’année en année jusqu’à rassembler quelques 750.000 personnes en 2016. L’an dernier, S.Em. le Cardinal Juan Luis Cipriani, Archevêque de Lima, a pris la décision de suspendre la marche de mars 2017 suite aux catastrophes naturelles provoquées par le phénomène d’El Nino dans le nord de la côte péruvienne, invitant tout un chacun à se porter volontaires pour aider dans les zones frappées. Cette année, selon les organisateurs, la Marche, qui a comme devise « Unis pour la Vie », a vu la participation de plus de 800.000 personnes.
L’événement a lieu habituellement le 25 mars, en la Solennité de l’Annonciation du Seigneur, lorsqu’au Pérou est célébrée la Journée des enfants à naître, mais cette année elle a été reportée au 5 mai dans l’après-midi dans la mesure où, comme l’a expliqué le Cardinal Cipriani, « la visite du Pape dans le pays, du 18 au 21 janvier, nous semblait proche ».
Au cours de la cérémonie marquant le début de la Marche, le Père Gaspar a lu un salut du Pape François, encourageant tous les organisateurs et les participants. « Que la joie qui vient de la rencontre avec Jésus-Christ ressuscité, Seigneur de l’histoire de tout être humain et source de vraie joie, devienne une force missionnaire qui contribue à susciter dans les cœurs de tous un plus grand engagement en matière de promotion et de protection de la vie humaine, en particulier celle de ces frères sans défense et rejetés par la société, en se souvenant quel est la valeur primaire et le droit primordial de toute personne ».
Au terme de la marche, le Cardinal Cipriani a ainsi exhorté les milliers de péruviens rassemblés sur l’esplanade de la Costa Verde : « Ne laissons pas qu’ils déracinent de ce peuple merveilleux cette foi qui est en chacun de nous. Le Pape nous l’a dit : je vois et je touche votre foi et moi aussi je vois et touche cette fois. Oui à la Vie ». Appelant l’Etat à ne pas permettre que les personnes soient maltraitées, alors que « ce qui est normal est que l’Etat protège la famille, que l’école accueille ceux qui n’ont pas les moyens d’étudier, que les hôpitaux prennent en charge les personnes. C’est pourquoi, en nous souvenant de la visite du Pape, nous devons dire non à la corruption. La corruption ne laisse ni hôpitaux, ni écoles, ni routes ».
Au cours de la manifestation a été annoncé que ce 7 mai, seront remis aux autorités publiques 10 mesures indispensables pour renforcer la famille.
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AFRIQUE/REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE - Déclaration de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique relative aux événements douloureux du 1er mai

Fides FR - www.fides.org - Lun, 07/05/2018 - 11:45
Bangui – Les violences qui ont bouleversé Bangui ces jours derniers « sont la manifestation d'un plan machiavélique mis en œuvre par certains pays dits amis connus, avec la complicité de certains compatriotes ». C’est ce que dénonce la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique à propos des causes du « massacre aveugle et ignoble perpétré le 1ER mai 2018 à la paroisse Notre Dame de Fatima par un groupe terroriste des ennemis de la paix et de la cohésion sociale a causé la mort de plusieurs fidèles et civils innocents dont le Père Albert Toungoumala Baba, ainsi qu'une centaine de blessés » .
Selon les responsables religieux centrafricains, les objectifs que se proposent les fauteurs de la violence sont : la partition du pays, rendre le pays ingouvernable et le cas échéant, le placer sous protectorat. « A ces actions de déstabilisation, toutes les confessions religieuses en Centrafrique sont catégoriquement opposées » affirme un communiqué parvenu à l’Agence Fides en provenance de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique, à laquelle contribue, pour l’Eglise catholique, S.Em. le Cardinal Dieudonné Nzapalainga, Archevêque de Bangui. A chaud, ce dernier s’était demandé s’il n’existait pas un programme caché qui guide l’action des auteurs du massacre . Désormais, ce sont toutes les principales confessions religieuses présentes dans le pays qui dénoncent une manœuvre de déstabilisation de la République centrafricaine, leurs responsables invitant la population et en particulier les jeunes « à l'apaisement et à ne pas se laisser entraîner à la haine et à la violence ».
En annonçant « des actions concertées seront menées pour informer l'opinion nationale et internationale sur le grave danger qui menace la vie de notre nation », les responsables religieux ont décidé de proclamer « trois jours de prière dans toutes les Eglises et Mosquées, les 10, 11 et 12 mai 2018 pour le retour de la paix dans les cœurs et dans les esprits et pour sauvegarder notre pays du danger mis en œuvre par ces ennemis ».
Les responsables religieux demandent enfin au gouvernement et à la Mission de l’ONU en République centrafricaine « de tout faire pour rechercher, retrouver et traduire en justice les auteurs de ces actes odieux ».
Après la prière du Regina Coeli d’hier, Dimanche 6 mai, le Pape François a adressé une « invitation à prier pour la population de République centrafricaine, pays que j’ai eu la joie de visiter et que je porte dans mon cœur et où ces jours derniers ont eu lieu de graves violences avec de nombreux morts et blessés dont un prêtre. Que le Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie, aide tout un chacun à refuser la violence et la vengeance pour construire ensemble la paix ».
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AFRIQUE/ZAMBIE - Un demi-siècle d’une forte contribution à l’Evangélisation des prêtres polonais Fidei donum

Fides FR - www.fides.org - Lun, 07/05/2018 - 10:15
Lusaka – « Inspirées par l’appel du Vénérable Pape Pie XII dans son Encyclique Fidei donum, vingt Diocèses de Pologne ont envoyé en Zambie, à compter de 1968, près d’une centaine de prêtres qui ont contribué de manière significative à implanter et faire grandir l’Eglise locale. Les prêtres polonais Fidei donum ont constitué des témoins efficaces de l’amour miséricordieux de Dieu, en particulier en ce qui concerne l’évangélisation des pauvres, la proclamation de l’Evangile et l’administration des sacrements ». C’est S.Em. le Cardinal Fernando Filoni, Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, qui fait mémoire de cet apport significatif à l’évangélisation de la Zambie fourni par les prêtres polonais Fidei donum dans le cadre d’un message envoyé au Père Christopher Mroz, responsable des Missionnaires Fidei donum en Zambie, à l’occasion du cinquantenaire de leur présence dans le pays.
Le Préfet du Dicastère missionnaire souligne que nombre d’entre eux ont été et sont encore « activement engagés dans la construction de nouvelles missions, dans l’enseignement dans les écoles, au service de l’administration diocésaine et dans la gestion de programmes humanitaires ». Le Cardinal Filoni les exhorte par suite « à continuer leur généreuse action pastorale et missionnaire » et s’unit à l’action de grâce à Dieu « pour les grâces et bénédictions abondantes qu’Il a répandue sur la Zambie » au travers de leurs activités missionnaires pleines de zèle. En souhaitant que ce « merveilleux échange de dons entre les Diocèses de Pologne et de Zambie puisse continuer », le Cardinal Filoni conclut : « Puissent ces célébrations jubilaires constituer un temps de grande grâce pour les prêtres polonais Fidei donum et pour leurs Diocèses d’origine, pour les Eglises locales au service desquelles ils se trouvent et pour l’ensemble du peuple de Dieu en Zambie ».
Le premier prêtre polonais Fidei donum en Zambie fut le Père January Liberski, de l’Archidiocèse de Katowice, qui arriva dans le pays le 24 mars 1968. Depuis lors, ont suivit ces traces 91 autres prêtres Fidei donum provenant de 20 Diocèses, lesquels ont quitté la Pologne pour s’engager dans l’apostolat missionnaire sur cette terre. Douze d’entre eux se trouvent encore en Zambie, provenant de 5 Diocèses : Katowice pour 6 d’entre eux, Pelplin ainsi que Plock, Radom et Torun.
Leur premier engagement a consisté en une activité missionnaire directe – annonce de l’Evangile, implantation de l’Eglise, administration des sacrements, organisation des activités catéchétique, conduite de Petites communautés chrétiennes, assistance aux malades…. Outre ce type d’action, les prêtres Fidei donum polonais ont été engagés également dans d’autres domaines missionnaires, comme l’enseignement dans les écoles et les Séminaires, la Direction spirituelle des séminaristes, la construction d’édifices pour les nouvelles missions et la réalisation de programmes sociaux. L’un d’entre eux a réalisé la traduction de la Bible en langue locale Cimambwe et a rédigé par la suite un dictionnaire anglais-Cimambwe. Certains autres ont été responsables ou membres des différents organismes diocésains.
De nombreux missionnaires polonais ont dédié une grande partie de leur vie à l’Evangélisation de la Zambie, jusqu’à mourir dans le pays. L’expérience missionnaire la plus longue a été celle de Mgr Marcel Prawica, du Diocèse de Radom : arrivé en Zambie en 1972, il a passé 41 ans dans la Paroisse rurale la plus isolée du Diocèse de Kabwe pour ne retourner dans sa patrie seulement pour raisons de santé, en 2017, quelques mois seulement avant sa mort.
Selon l’Annuaire statistique de l’Eglise, en Zambie, vivent 5.239.000 catholiques sur une population totale de 15.474.000 habitants. Les prêtres diocésains sont au nombre de 518 et les prêtres religieux de 394, les religieux non prêtres de 100 et les religieuses de 1.037. En 2016, l’Eglise a célébré le 125ème anniversaire de l’Evangélisation, ayant débuté grâce aux Pères Blancs et aux Jésuites.
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AMERIQUE/BRESIL - Déclarations du Prélat d’Itacoatiara sur le Synode pour l’Amazonie, occasion de promouvoir une « évangélisation plus efficace et directe

Fides FR - www.fides.org - Sab, 05/05/2018 - 15:36
Itacoatiara – « J’apprends encore actuellement à connaître cette réalité – reconnaît devant l’Agence Fides S.Exc. Mgr José Ionilton Lisboa de Oliveira, Evêque de la Prélature territoriale d’Itacoatiara, en Amazonie brésilienne, où il est arrivé en juillet dernier. Nous sommes là dans une zone qui a toujours constitué un défi sur le plan de l’Evangélisation » déclare-t-il en commentant l’importance du Synode des Evêques de pan-amazonie qui se tiendra au Vatican en octobre 2019.
Le Synode en question, selon l’Evêque récemment nommé Vice-président de la Commission pastorale de la terre, « constitue une opportunité pour nous en tant qu’Eglise dans le monde, afin de comprendre cette réalité présente au sein de l’Eglise en Amazonie et pour faire en sorte que notre action évangélisatrice ici puisse servir de référence ».
En outre, il affirme qu’avec le Synode, « à partir de notre réalité, nous serons en mesure d’aider à comprendre que nous devons rechercher des alternatives, de manière à ce que notre évangélisation soit plus efficace, plus directe, plus proche des personnes qui ont toujours vécu ici et ont besoin de notre présence solidaire, de notre soutien afin que soient respectés les peuples originaires et leur culture ».
Mgr Ionilton a également indiqué à Fides les problèmes liés à la célébration de la Messe dans de nombreuses communautés d’Amazonie – thème exposé au Pape François par S.Exc. Mgr Kräutler, Evêque émérite de la Prélature de Zingu en avril 2014. La Messe, « dans de nombreuses communautés ici est quelque chose de presque extraordinaire. Elle est célébrée une fois par an, au maximum deux ou trois fois ». Par suite, suivant l’idée de Mgr Kräutler, qui fait partie du Conseil pré synodal – ajoute-t-il – « en tant qu’Eglise nous devrons réfléchir afin de rendre possible à toutes les communautés l’accès à la Messe de la même manière dont elles ont aujourd’hui accès à la célébration de la Parole ». Cependant, « que faire pour pouvoir disposer de ministres qui rendent l’Eucharistie plus proche des communautés ? » se demande l’Evêque. La réalité est que « il existe des communautés mais souvent les Pasteurs s’y rendent seulement de fois en fois ». De cette manière, « la communauté ne suit pas un fil directeur et ceci facilite l’arrivée de tout type de pensée, pas toujours religieuse et la communauté demeure dans personne qui la guide ». Il s’agit d’un problème qui ne concerne pas seulement l’Amazonie mais d’autres régions du Brésil et du monde.
L’Evêque de la Prélature d’Itacoatiara explique à Fides qu’un autre problème qui doit, lui aussi, être affronté, est « la défense de l’Amazonie ». Dans le cas du Brésil, le prélat dénonce « les tentatives du gouvernement actuel visant à vendre l’Amazonie, ses richesses » comme il est possible de se rendre compte sur la base des projets visant à « vendre l’eau, la richesse minérale, ou à prendre les quelques terres qui sont encore en possession des indigènes ».
A la lumière de cela, l’Evêque ne doute pas que « une position prise en tant qu’Eglise en défense de l’Amazonie, de la forêt, de l’eau et des peuples autochtones, fera sûrement partie des lignes directrices qui seront données par le Synode pour offrir une orientation sûre de manière à ce que, nous, en tant qu’Eglise d’Amazonie, ayons une position commune dans tous les Diocèses, Prélatures, Paroisses et communautés ».
La Prélature territoriale d’Itacoatiara est suffragante de l’Archidiocèse de Manaus. Elle s’étend sur une partie de l’Etat brésilien d’Amazonas. Elle fut érigée le 13 juillet 1963 par le Bienheureux Pape Paul VI au travers de la Bulle Ad Christi divini. Son territoire s’étend sur 58.424 Km2 et se trouve réparti en 13 Paroisses. Sur une population totale de 176.900 personnes, 139.700 sont catholiques.
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AMERIQUE/COLOMBIE - L’engagement de l’Eglise dans les processus de paix, entre préoccupation et présence inlassable

Fides FR - www.fides.org - Sab, 05/05/2018 - 15:35
Bogotá – « La préoccupation est grande mais les résultats concrets également » indique à l’Agence Fides le Père Darío Echeverri, missionnaire clarétain et Secrétaire général de la Commission de Conciliation nationale de la Conférence épiscopale colombienne, en expliquant l’action de l’Eglise dans le cadre des processus de réconciliation suivant la paix avec la guérilla des FARC et le cessez-le-feu avec celle de l’ELN.
Deux rencontres parallèles ont eu lieu les 18 et 19 avril afin de faire le point de la situation et d’évaluer les progrès accomplis : la V° Rencontre nationale des Agents pastoraux pour la Réconciliation et la Paix dans les Espaces territoriaux de formation et de réinsertion et la II° table d’accompagnement aux Comités diocésains d’appui au processus de paix avec l'ELN.
Dans le premier cas, explique le Père Darío Echeverri, « l’Eglise a pris les devant en convoquant les Curés des territoires des Espaces territoriaux de formation et de réinsertion avant même la signature de la paix ». Ces espaces constituent des zones de concentration préétablies visant à favoriser l’insertion dans la vie civile des anciens guérilleros – dont certains sont nés au sein des FARC ou ont été enrôlés enfants – au travers d’une instruction professionnelle et technique et d’autres mécanismes afin de les intégrer au monde du travail, selon un modèle de réinsertion communautaire – une mission tout sauf simple.
« Les Curés sont particulièrement importants – poursuit le Père Echeverri – dans la mesure où ils ont réellement la possibilité de s’asseoir à une table avec les guérilleros pour leur demander d’abord et avant tout quels sont leurs besoins et difficultés dans le processus d’insertion et gagner leur confiance. L’Eglise a réalisé une œuvre qui, honnêtement, semble très positive. Nous avons rencontré au plan général une reconnaissance de l’autorité morale de l’Eglise de la part des FARC dans ce domaine. Toutefois, la population est préoccupée concernant l’évolution de la situation des anciens rebelles ». En effet, près de 70% d’entre eux ont abandonnés les Espaces territoriaux de formation et de réinsertion « dans lesquels ils ne sont par ailleurs pas obligés de rester » précise le Père Echeverri, qui attribue le phénomène aux retards de l’Etat.
« Le gouvernement n’a pas fait ce qui lui revenait pour les aider à trouver des possibilités d’avenir concrètes. C’est pourquoi commence à circuler la crainte parmi la population. L’action pastorale en cours est par suite vitale – insiste-t-il – dans la mesure où elle peut éviter que de nombreux anciens membres des FARC finissent dans les rangs d’autres groupes rebelles ou dans des bandes criminelles ».
En ce qui concerne en revanche l’ELN, la Commission de Conciliation nationale de la Conférence épiscopale colombienne a convoqué des représentants des 20 comités – formés d’Evêques, de prêtres et de laïcs présents dans les Diocèses sur le territoire desquels est présent le groupe – confirmés en octobre dans le cadre de la collaboration entre l’Eglise et l’ONU, après le cessez-le-feu bilatéral, temporaire et national » convenu entre les parties, qui voit la participation de l’Eglise dans le mécanisme de contrôle et de vérification de l’application de l’accord.
Dans le cadre de cette II° Rencontre, les délégués diocésains ont échangé des expériences, des bonnes pratiques et des défis qu’ils ont dû relever. « Le panorama est très préoccupant – synthétise le Père Echeverri – mais dans l’évaluation de l’action menée, ont également émergé des éléments positifs que la population a perçu, comme par exemple une notable réduction de la violence dans les zones auparavant intéressées par le conflit. Nous avons également recueilli des suggestions à faire arriver aux négociations entre l’ELN et le gouvernement comme par exemple des propositions relatives à la pédagogie à employer au cours de cette phase de réinsertion et une délimitation claire du cessez-le-feu ». En effet, comme l’avait déjà indiqué Fides , certaines zones amazoniennes, telles que le Catatumbo, se trouvent à être de facto des no man’s land dans la mesure où l’Etat n’est pas encore parvenu à remplacer « l’institution parallèle » auparavant assurée par les organisations de guérilla occupant le territoire, « non seulement au travers du déploiement des forces de l’ordre mais également des services sanitaires, de l’éducation etc. ». Les militaires eux-mêmes déployés dans ces zones déclarent se sentir exposés et « sans garanties » indique le religieux.
Categorie: De l’Eglise

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